Rassemblement un an après la noyade d'un sans-papiers
Baba Traoré, était un jeune sans-papiers qui s'était jeté dans la Marne pour fuir un contrôle de police. Un an après son décès, près de 400 personnes selon les organisateurs, 270 personnes selon la police, se sont rassemblées samedi à Joinville-le-Pont (Val-de-Marne) pour lui rendre hommage.
Le cortège, réuni à l'appel du 9e collectif de sans-papiers, a observé une minute de silence avant de jeter des fleurs dans la Marne, à l'endroit où est mort ce jeune de 29 ans, de nationalité malienne.
Un membre du collectif a rappelé au micro que le jeune homme avait «préféré se jeter dans la Marne plutôt que de subir un contrôle de police», en ajoutant que la police n'était «pas sanctionnée pour l'instant».
Les manifestants, rassemblés derrière une banderole où était écrit: «28.000 expulsions de sans-papiers, 5.500 arrestations de complices de solidarité, prochaine cible: c'est vous !» et scandant «Besson, Hortefeux, tu as du sang sur les mains», se sont ensuite rendus devant le centre de rétention de Vincennes. Ils ont réclamé la régularisation de tous les sans-papiers et la fermeture des centres de rétention et se sont dispersés peu après 18 heures.
«La cause de ces morts, c'est la police, qui poursuit ces gens vulnérables et qui ont peur», a dénoncé Nawel, une militante du 9e collectif de sans-papiers.
Sous le coup d'un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière
«Beaucoup ici ont tout laissé tomber et ont tout reconstruit en France», a-t-elle ajouté en fustigeant la politique d'immigration choisie qui a permis, selon elle, «d'accueillir des voyous comme des membres des Farcs».
Baba Traoré, venu en France, selon ses proches, pour donner un rein à sa soeur malade, était sous le coup d'un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière quand il s'était jeté dans la Marne pour échapper à un contrôle de police à la station RER. Repêché inconscient et en choc cardiaque par la Brigade fluviale, il était décédé quelques heures plus tard à l'hôpital Lariboisière à Paris.
Une enquête avait été confiée à l'Inspection générale des services (IGS, «la police des polices»).
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