Le quotidien des sans-papiers

Mayotte : Violences - Policiers de l'Air et des Frontières condamnés
Le 25 janvier 2012 à l'initiative des IndignéEs de Mayotte, un rassemblement pacifique a été organisé devant le tribunal correctionnel de Mamoudzou à l'occasion de la comparution immédiate de deux policiers du Centre de Rétention Administrative (CRA) poursuivis pour avoir battu une femme à l'aide de leur matraque.
Rappel des faits : le 5 janvier, une jeune femme retenue au CRA de Pamandzi interpellait les Policiers de l'Air et des Frontières (PAF) pour qu'ils agissent en faveur d'un vieux monsieur handicapé.
Un premier agent de la PAF énervé s'en prend à elle, l'étrangle et la frappe, puis un deuxième la sort de la cellule réservée aux femmes, l'enferme seule dans « la salle de transit » et lui assène de nombreux coups de matraques. Les hématomes constatés sur la victime dépassent pour certains les 15cm de diamètre !
C'est devant une salle d'audience pleine que les juges ont écouté pendant près de 3h les récits contradictoires des deux policiers face à leur victime. Dès l'ouverture de ce procès, les magistrats ont soulevé l'ampleur médiatique de ce dossier et ont appelé au calme pendant l'audience, bien conscients de la pression populaire.
A plusieurs reprises, ils ont rappelé que les policiers se devaient d'avoir un comportement irréprochable.
Le président a manifesté son dégoût face aux dérives constatées des deux agents : les violences physiques abusives et les propos racistes ne sauraient être tolérées.
Verdict : les 2 agents de la PAF sont condamnés à 6 mois de prison avec sursis, 6 mois de suspension de travail et à verser 1000 euros à la victime.
Nous, les IndignéEs, sommes satisfaitEs d'avoir pu constater que cette fois Justice soit faite, en respect du principe de séparation des pouvoirs de l'Etat, séparation essentielle au bon déroulement de la démocratie. Nous déplorons la rareté de ces procès et invitons touTEs les habitantEs de Mayotte à dénoncer tout manquement à leurs droits fondamentaux. Nous pensons aujourd'hui à toutes celles et ceux qui n'ont pas la possibilité de porter plainte suite à de tels abus (personnes expulsées, victimes de pressions policières ;).
Notre rassemblement portait aussi sur les violences policières en général. Nous souhaitions rappeler entre autres la répression inadaptée lors du mouvement contre la vie chère (flashballs, lacrymos, chars anti-émeutes), ainsi que l'illégalité des contrôles d'identité réalisés la nuit, au domicile des personnes, ou dans les véhicules...
Ces procès sont rares alors que les faits à l'origine sont réguliers à Mayotte !
C'est pourquoi nous avons multiplié les interventions médiatiques afin de mettre en lumière cette affaire.
Lors du rassemblement, nous avons choisi de relire certains articles du Code de Déontologie de la police nationale contenant des principes si souvent bafoués :
Art. 1er. - La police nationale concourt, sur l'ensemble du territoire, à la garantie des libertés et à la défense des institutions de la République, au maintien de la paix et de l'ordre publics et à la protection des personnes et des biens.
Art. 2. - La police nationale s'acquitte de ses missions dans le respect de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, de la Constitution, des conventions internationales et des lois.
Art. 7. - Le fonctionnaire de la police nationale (...) a le respect absolu des personnes, quelles que soient leur nationalité ou leurs origines, leur condition sociale ou leurs convictions politiques, religieuses ou philosophiques.
Art. 10. - Toute personne appréhendée est placée sous la responsabilité et la protection de la police ; elle ne doit subir, de la part des fonctionnaires de police ou de tiers, aucune violence ni aucun traitement inhumain ou dégradant.
Pendant toute la durée du rassemblement, les passants et les automobilistes ont fait un bon accueil aux messages et aux interventions du collectif appelant à une vigilance citoyenne du fonctionnement de nos institutions :
Mayotte département : à quand le droit pour tous ?
Vigilance citoyenne ! Pas de justice, pas de Paix !
Le collectif des IndignéEs de Mayotte poursuivra ses actions de vigilance citoyenne face aux injustices encore trop présentes sur l'île ! Nous appelons touTEs les habitantEs à rester vigilantEs, à surveiller tous les agissements douteux des forces de l'ordre, à les observer, les rapporter, les photographier ou les filmer.
Nous invitons toute personne intéressée à venir participer à nos prochaines réunions ou actions collectives.
Les IndignéEs de Mayotte - indignés976@gmail.com
Voir en ligne : Plus d'infos sur Mayotte & Les Comores : Izuba.infoArrestations massives à Paris
A l'origine du mouvement des sans-papiers, après avoir été expulsés de l'église Saint-Ambroise, dans le 11e, ceux qui gagneront bientôt la célébrité en occupant l'église Saint-Bernard, à la Goutte d'Or, avaient d'abord trouvé abri non loin de là, dans des locaux désaffectés de la SNCF, rue Pajol, que leur avaient ouvert des syndicalistes bien intentionnés.
Seize ans plus tard, les mêmes entrepôts de la SNCF toujours désaffectés, semblent réquisitionnés maintenant par… la police de messieurs Gaudin et Guéant, qui s'en sert comme lieu de détention massif pour mettre en œuvre sa nouvelle technique d'empêchement radical de manifestation qui consiste à embarquer… la totalité des manifestants.
Démocratie française… Même à Moscou ou à Rangoon on n'ose pas faire des choses pareilles. Préfet et ministre n'ont pas l'air de savoir que le droit de manifester est un droit fondamental en démocratie. Démocratie, kézaco ?
Ainsi, la France, « patrie des droits de l'homme », est surtout fameuse aujourd'hui pour son « savoir faire » en matière de « maintien de l'ordre » qu'elle exporte dans le monde entier bien mieux que les avions de monsieur Dassault.
On se souvient comment Michèle Alliot-Marie, qui occupait la place Beauvau avant Claude Guéant, a pu se tailler un brin de célébrité en déclarant à la tribune de l'assemblée qu'on aiderait monsieur Ben Ali à rester au pouvoir contre la volonté unanime de son peuple, en lui faisant parvenir de ces moyens dont la police française est si fière et qu'elle rode tous les jours dans la guérilla des rues de Paris, contre les sans-papiers ou leurs soutiens comme contre les indignés.
On a pu admirer, à propos des indignés, comment la police parisienne à pu user et abuser du fait que les contribuables entretiennent bien plus de flics qu'il n'y a de manifestants. Si les indignés avaient disposés ne serait-ce que d'une fraction des moyens qui ont été déployés contre eux, il est bien probable qu'on aurait beaucoup plus entendu parler d'eux…
Les arrestations massives ont toujours été un problème pour la police parisienne. On se souvient du sinistre 17 octobre 1961 où il fallut utiliser jusqu'à la cour de la Préfecture de Police – ce jour-là inondée du sang des algériens dans lequel pataugeait le préfet Papon. Lorsqu'en 1973, à Santiago du Chili, l'armée du général Pinochet enfermait les opposants dans des stades, elle ne faisait que mettre en œuvre un plan élaboré par… la police française, après mai 1968.
Ces dernières années se sont ouverts à Paris de méga-commissariats d'arrondissements, avec des capacités de garde-à-vue déjà impressionnantes, particulièrement passage Charles Dallery, dans le 11e, les architectes ayant prévu de conserver en l'état tout le rez-de-chaussé de cet ancien garage, pour ce qui pourrait bien être la plus grande cellule de garde-à-vue du monde.
Mais cela ne suffisait pas aux deux G, Gaudin et Guéant, ces ennemis de la liberté.
Paris s'éveille
(samedi 14 janvier 2012)
ils viennent d'arriver dans un hangar SNCF 18 rue de l'évangile à 19h 20
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Une centaine de manifestants se sont fait serrer par la police devant le CRA de Vincennes . Ils viennent d'arriver à l'instant au 32 rue de l'évangile (entre Marx Dormoy et porte de la chapelle). pas de comico connu dans les parages ; on attend la suite.
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Merci de faire TOURNER LARGEMENT
200 manifestants sont ds les cars près du métro MARX DORMOY RUE DE L'EVANGILE (à vérifier sur un plan le métro le + p^roche) , vers le N° 32 DANS UN GRAND DEPOT DE LA SNCF
ILS SONT BIEN PLANQUES les militants !!
Ils ont tous été raflés à la suite du rassemblement devant le CRA DE VINCENNES
APPEL A SOUTIEN RUE DE L'EVANGILE pourt leur libération immédiate ! Ils viennent d'arriver.
STOP aux arrestations , la criminalisation systématique et intimidation des solidarités et du mouvement social !
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http://paris.indymedia.org/spip.php...
Rassemblement centre de rétention de Vincennes - 14 janvier 2012
*Rendez-vous pour un rassemblement devant le centre de rétention de Vincennes, samedi 14 janvier 2012 à 16h au RER Joinville-le-pont (RER A).*
Le vendredi 13 janvier, les juges de la cour d'appel de Paris rendront leur décision concernant les 6 personnes sans-papiers inculpées ayant fait appel pour la révolte collective qui, en juin 2008, après la mort d'un retenu, embrasa le centre de rétention de Vincennes.
Quel que soit le verdict que la justice assénera aux 6 inculpés, nous continuerons à lutter parce que les personnes sans papiers continueront d'être pourchassées, enfermées et expulsées ; et la justice continuera de valider les reconduites à la frontière et l'enfermement pour des milliers d'autres personnes.
Depuis juin 2008, le centre de rétention de Vincennes a été reconstruit et de nouveaux centres ont vu le jour. Ces nouveaux centres sont construits sur un modèle carcéral, en général loin des centre-villes et des regards extérieurs. Le Mesnil-Amelot 3 par exemple, érigé au pied des pistes de l'aéroport de Roissy, avec ses petites unités isolées, ses caméras de surveillance, ses rangées de barbelés et de plantes à épines qui cachent les retenus et écorchent quiconque s'en approche trop.
Depuis juin 2008, la machine à expulser s'est perfectionnée notamment grâce à de nouvelles lois. Ainsi la loi Besson, entrée en vigueur l'été dernier remplit bien les objectifs clairement assignés à toutes les lois sur l'immigration : mettre davantage de pression sur les personnes sans papiers et les expulser plus facilement. Dans cette même logique, l'enfermement de celles et ceux à qui l'administration ne veut pas donner de titre de séjour est de plus en plus long et punitif. Depuis juillet dernier, la durée de rétention est passée de 32 à 45 jours. Elle était de 12 jours il y a 10 ans...
Dans ces centres où de plus en plus de gens sont enfermés de plus en plus longtemps, le maintien de l'ordre se fait comme dans toutes les prisons : à force de menaces et de répression et à grand renfort de tranquillisants et autres médicaments censés annihiler toute volonté de résistance ou de rébellion. Ainsi parmi celles et ceux qui sont enfermés dans l'attente d'une expulsion qui semble toujours plus inéluctable, beaucoup sont acculés, entre révolte et désespoir, à avaler des lames de rasoir, à se pendre ou à se taillader. D'autres fois, le même espoir d'échapper à l'expulsion pousse à refuser d'embarquer, à se cacher et à s'évader.
Si des révoltes, des résistances individuelles ou collectives ont régulièrement lieu dans les centres de rétention, elles sont la plupart du temps étouffées et réprimées avec peu de retentissement extérieur. Dehors, des solidarités de proximité perdurent, permettant à quelques personnes sans papiers de ne pas être expulsées ou de régulariser leur situation. Mais, des luttes plus larges pour la liberté de circulation, contre les frontières et leurs prisons peinent à s'exprimer.
Pourtant les frontières, les visas, les systèmes de surveillance et de contrôle continuent de prospérer et n'ont jamais autant tué. Ainsi, depuis le 14 janvier 2011, jour de la chute de Ben Ali en Tunisie, ce sont plus de 2000 personnes qui ont péri en franchissant la mer Méditerranée.
Nous ne voulons pas nous résigner aux contrôles d'identité, aux rafles, aux centres de rétention et aux expulsions. Aux côtés de tous les sans papiers qui se révoltent pour leur liberté, amplifions les mouvements qui existent à l'intérieur comme à l'extérieur, qui s'opposent aux arrestations, empêchent des expulsions, facilitent des évasions. Brisons l'isolement et propageons la lutte contre les frontières, l'enfermement et pour la liberté.
*Rendez-vous pour un rassemblement devant le centre de rétention de Vincennes, samedi 14 janvier 2012 à 16h au RER Joinville-le-pont (RER A).*
[Source : z-pajol]
50e jour de rétention : émeutes et tentatives de suicide
45 jours de rétention, c'est désormais la règle. Non : on peut même dépasser les 50 jours. Cela aura été le cas d'un des deux désespérés de Vincennes que l'administration voulait expulser au 45e jour. 50 jours, c'est le record qu'aura atteint Mohamed Koulala, après avoir avalé sept lames de rasoir.
45 jours, un et demi, pendant lequel, sans même savoir si on est expulsable, on est enfermé pour défaut de délivrance de titres de séjour par l'administration. Ainsi, on ne le répétera jamais assez, c'est parce que l'administration ne fait pas son travail consistant à fournir des documents aux personnes séjournant sur le territoire. Les épouvantables conditions dans laquelle les services administratifs fonctionnent – ou plutôt : ne fonctionnent pas, comme on peut le constater toutes les nuits à la préfecture de Bobigny ou d'ailleurs –, voilà un motif pour incarcérer 45 jours.
De dix jours, à trente-deux pour en parvenir à quarante-cinq, on ne constate qu'un durcissement. L'inhumanisation s'approfondi.
QSP
Deux sans-papiers ont tenté de se suicider au CRA de Vincennes : par pendaison avec les draps et absorption de lames de rasoir. Pour dissimuler les faits, la police a essayé d'expulser ces deux personnes.
Depuis, d'autres sans-papiers ont fait rempart et se sont opposés physiquement à ces sorties du centre de rétention. Malgré ces heurts avec la police à l'intérieur du centre, les deux sans-papiers ont quand même été conduit à l'aéroport pour être expulsés. L'un d'entre eux, M.Taleb Nadjib…. a été rapatrié vers l'Algérie et l'autre, M.Mohammed Koulala a été replacé en centre de rétention. Il attaque demain son 50e jour de rétention : un record en France.
Il a toujours 7 lames de rasoir dans le ventre.
SôS Soutien ô Sans-papiers alerte dès ce soir les services du Samu et exige une prise en charge médicale immédiate de M. Koulala sans attendre une pseudo-radio promise par le centre demain matin à 8h30.
SôS Soutien ô Sans-papiers appelle à se rendre demain devant le juge des libertés à Cité pour soutenir M.Koulala qui passe à 14h.
22h15 : Le Samu de Paris alerté par SôS Soutien ô Sans-papiers vient de nous informer que selon les responsables du centre de rétention, M. Koulala va bien. Il est pris en charge.
SôS crie au mensonge et à la mise en danger de M. Koulala car la promesse d'une radio demain matin à 8h30 est largement insuffisante dans cette situation d'urgence.
Contact SôS : 06 37 60 80 27
M.Koulala dans le centre : 06 22 90 55 48
cabines du centre :
C.R.A. 1 : 01 45 18 12 40
CRA 2 : 01 48 93 69 47
CRA 3 : 01 48 93 91 12
[Source : SôS-sanspapiers]
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Témoignages
Dans la nuit du lundi 5 au mardi 6 décembre 2011, une vingtaine de retenus du centre de rétention ont empêché l'expulsion de deux de leurs camarades. Suite à cela, ils ont été mis en garde à vue dans deux commissariats, puis remis en rétention après avoir subi une grosse pression des policiers, les menaçant de les envoyer en prison. Les deux Algériens qui devaient être expulsés sont passés en comparution immédiate. Ils ont été condamnés à trois mois de prison avec sursis et 3 ans d'interdiction du territoire français avec « exécution provisoire »... autrement dit : retour en rétention pour 45 jours. L'un des deux a déjà été expulsé depuis. Pour l'autre, qui témoigne ici, s'il n'est pas expulsé entre temps, il devrait passer devant le juge des libertés et de la détention mardi 12 décembre.
Vendredi 9 décembre 2011, centre de rétention de Vincennes
Centre de rétention 2
"Je suis déjà allé au centre de rétention, je suis sorti le 5 aout, j'ai passé 32 jours, je suis sorti même pas un mois. Dehors ils m'ont encore attrapé pour un contrôle de papier, ils m'ont ramené au centre pour 45 jours. Au bout de 45 jours t'es libéré. Moi j'ai fait 44 jours. Le dernier jour, ils m'ont mis un vol pour m'expulser en Algérie. Moi je voulais pas rentrer. Les policiers, chaque soir vers 22 heures, mettent une liste pour dire pour le lendemain les gens qui vont partir au juge et les gens qui ont un vol. Quand ils ont mis la liste, j'ai vu mon nom et celui d'un pote à moi, un Algérien aussi. On avait un vol pour Alger.
On a décidé. On était 23 personnes. Il y avait des Pakistanais, des renois, des Roumains. On est rentré dans une chambre. Le vol était à 8 heures. Normalement les policiers viennent te prendre vers 4 heures et demi. Nous, on était dans une petite chambre, les 23 personnes. Chaque personne avait ramené sa chaise, on a bloqué la porte avec les matelas et les chaises. On est resté presque 5 heures dans la chambre, on a appelé des avocats, des associations, personne n'a répondu, ni n'est venu. Les flics avaient des gazeuses et des lacrymogènes. Il y a quand même un avocat qui est venu devant le centre, il nous a appelés avec un portable quand il était devant mais ils ont pas voulu le laisser rentrer.
Vers 4 heures et demi les policiers sont venus, on voulait pas sortir. Alors ils ont appelé les casques bleus, les crs de l'extérieur. Ils ont cassé la porte et sont rentrés. Moi j'ai coupé tout mon ventre avec une lame, et j'ai mangé 3 lames. Je peux même pas bouger .
On est parti à l'hopital. On est resté même pas une heure et de l'hôpital on est parti direct en garde à vue. On y est resté presque 4 heures et après, mon pote et moi, on est allé au palais de justice de Cité. Le juge a dit « 45 jours » pour moi et mon pote. C'était pas le JLD. C'était le juge pour la porte cassée. Quand on est parti en garde à vue on est parti tous, les 23 personnes. Les policiers ont dit : « c'est toi et ton pote qui avez décidé de rentrer dans la chambre ».
On aurait dit aux gens « viens on va faire une soirée », soi-disant, les gens seraient rentrés dans la chambre et on aurait bloqué les portes pour que personne ne sorte. Mais ils sont tous plus grands que moi, moi je suis petit. En plus quand les policiers ont voulu ouvrir la porte, c'est tout le monde qui tenait la porte pour que les policiers ne rentrent pas. Le juge a dit « c'est toi qui a bloqué la porte et t'as dit aux gens de pas sortir ». Comme si je les avais pris en otage, comme si moi tout seul je pouvais bloquer 23 personnes alors que les policiers n'arivaient même pas à ouvrir la porte.
Quand je suis rentré au centre, j'ai fait une corde avec le drap pour me suicider. Ma gorge est toute rouge, ils m'ont emmené à l'hôpital, puis ils m'ont ramené ici. Après j'ai mangé deux lames, maintenant dans mon ventre il y a quatre lames, et je suis toujours là.
Hier soir vers 23h, ils ont appelé mon pote pour lui dire qu'il fallait qu'il signe des papiers. Ils l'ont pris, ils l'ont emmené et là il est en Algérie. Il a trois lames dans son ventre, et il a aussi déchiré son ventre avec une lame. Moi je sais pas quoi faire.
Sur les 23 personnes, ils en ont libéré deux et les autres ils sont là. Ils sont dans le même centre que moi, mais il y a 3 CRA. Moi j'étais dans le 3, là ils m'ont mis dans le 2. Mais je suis juste à côté, je parle avec eux tout le temps parce qu'il y a juste un grillage. Les flics leur ont demandé de témoigner contre moi. Les flics m'ont dit qu'ils avaient témoigné contre moi mais les autres m'ont juré que c'était pas vrai, qu'en garde à vue ils ont dit qu'ils voulaient pas que leurs potes partent et que c'est pour ça qu'ils ont bloqué la porte. Tout le monde a dit ça.
Normalement dans 5 jours je passe chez le juge. Le mardi à 16h je devais être libéré, et en fait le mardi j'ai recommencé la rétention.
Le 12 je devrais passer en jugement.
Moi je veux juste sortir, je veux quitter la France, je veux pas aller en Algérie mais je veux sortir de là. L'espagne, la Belgique mais pas l'Algérie. Toute ma famille est ici. Je vis chez ma tante, j'ai tout, je déclare les impôts, j'ai ma carte bleue... Je veux pas aller là-bas, c'est trop difficile pour revenir ici. J'ai personne là-bas, je veux pas être SDF là-bas.
Là, je fais une grêve de la faim. Depuis le jour du vol, j'ai rien mangé, juste de l'eau et du sucre. Il en ont rien à foutre. Ici je sors pas de ma chambre, je ne parle avec personne."
Centre de rétention 3
"La moitié des gens sont foncedés avec du Valium et du Rivotril. Mal à la tête : Valium. Mal à l'estomac : Rivotril. Que des médicaments de ouf. Je dors 15 heures, j'me lève j'suis fatigué, j'suis mort. Ça me fait tourner la tête.
Taleb (l'un des 2 Algériens qui devaient être expulsés), ils l'ont sorti du CRA N°1 , ils l'ont emmené direct. Les policiers l'ont appelé à la gestion, ils lui ont dit : « viens on s'est trompé dans le coffre ». Au moment où il est sorti, ils l'ont scotché. Ils l'ont laissé à l'aéroport avec son short et une seule claquette. Et le pied gauche nu. Ils l'ont expulsé ce matin.
Là tout le centre est en trac. L'autre Algérien, Mohamed, il a des points de suture, c'est pour ça qu'il a manqué son vol. Y en a d'autres qui avaient des vols. Tout le monde est en trac, personne ne trouve la réponse. Tout le monde est en état de choc.
Mohamed, il a perdu toutes ses affaires, je lui ai prêté des vêtements. Ils lui ont rajouté 45 jours.
A chaque fois le médecin l'appellent pour lui donner des médicaments.
Chaque fois que je l'appelle il dort.
L'Assfam, elle, est vraiment débordée, toujours avec des nouveaux, elle a pas trop le temps.
Dans le centre on est tous calmes, on est en surdose. On nous donne des médicaments. Après la garde à vue de mardi, ils ont calmé tout le monde.
Pour les médicaments, c'est le médecin ou l'infirmière qui nous appellent un par un, comme pour une visite. La plupart d'entre nous parle pas français. Ils demandent ce que tu as, comment tu te sens et après ils donnent à tout le monde des médicaments. Ils nous donnent pas les médicaments dans les emballages.
J'ai demandé « C'est quoi c'est du valium ? » et elle m'a dit « Non c'est juste pour te détendre ça va t'aider à dormir ». Elle m'a donné du Lexomil. Y en a à qui ils donnent du Subutex.
Ici tout le monde attend la liste des vols et personne réclame parce qu'à chaque fois ils menacent. Les policiers sont pas cools avec nous en ce moment. On sort avec la fouille, on rentre avec la fouille.
Personne nous respecte, moi je m'embrouille 15 000 fois avec eux par rapport au manque de respect.
Depuis lundi c'est comme ça parce qu'il y a le directeur. Le directeur avant on le voyait pas, on le voyait jamais, et depuis lundi il commence à monter dans les CRA, à regarder. Eux, quand ils voient leur chef, ils commencent à nous mettre la pression. Lui il met la pression aux policiers et les policiers nous mettent la pression à nous."
Vincennes
centre de rétention 2
01 48 93 69 47
01 48 93 69 62
O1 48 93 90 42
centre de rétention 3
01 48 93 99 80
01 43 76 50 87
01 48 93 91 12
[Source : fermeturetention@yahoo.fr]
Arrestation de deux sans-papiers métro saint-Michel
A l'instant, lundi 21 novembre 2011 16h30, nous recevons une nouvelle par téléphone : un rassemblement se déroulait place Saint-Michel, afin de faire pression sur la préfecture pour qu'elle étudie les dossiers des sans-papiers. Cette manifestation semble soutenue par la CGT. C'est alors que, deux sans-papiers se sont fait arrêtés métro Saint-Michel. Mais la présence de nombreux militants de la CGT ainsi qu'une élue du Front de gauche, Danielle Simonnet auront intimidé la police qui vient de relâcher les deux interpellés.
Solidarité !
Rassemblement de travailleurs sans papiers
[Rendez-vous publié sur Démosphère]
L'Union Départementale CGT de Paris est reçue le 21 novembre 2011 par le Préfet de Police
Ils étaient 6800 travailleurs en grève à partir du 12 octobre 2009. Ils ont exigé les droits qui sont dus à tous les travailleurs.
L'UD CGT de Paris a défendu 1480 demandes de régularisation à la Préfecture de police ; 620 de ces salariés sont régularisés ou en voie de l'être.
L'UD CGT de Paris s'est battue et a obtenu qu'aucun de ces travailleurs qui ont fait grève ne soit inquiété. Il n'y a donc aucune OQTF (obligation de quitter le territoire français).
Cependant 860 de ces travailleurs sont toujours sans titre de séjour qui puisse leur permettre d'accéder à l'ensemble des droits que leur donne le travail qu'ils accomplissent dans le BTP, la restauration, l'aide à la personne, le nettoyage, la confection…
La Préfecture de police reconnaît que 406 d'entre eux ont un contrat de travail, 147 sont dans l'intérim et 283 subissent le travail au noir.
Alors, il faut sortir de cette situation absurde ! Ils travaillent donc ils doivent avoir un titre de séjour. C'est aussi comme cela que l'on combattra la précarité, la surexploitation et le travail au noir orchestrés par le patronat.
L'UD CGT de Paris exige une solution politique rapide pour les 860 grévistes.
Soyons nombreux avec eux pour exiger leur régularisation.
Lundi 21 novembre 2011 à 14 h 30 Place Saint-Michel au métro Saint-Michel
LES EXPULSES MAGHREBINS DU FOYER-TAUDIS AFTAM EPINAY
Ce jeudi 27 octobre, les résidents algériens du Foyer-Taudis d'Epinay ont été expulsés.
Vers 6 heures ce matin, environ une cinquantaine de CRS, soit 7 fourgons postés devant l'entrée, ont débarqués dans les chambres et réveillés les résidents, coup de pied dans les portes et cris... Les plus jeunes ont insisté pour réveiller calmement les anciens mais les flics ne firent pas, une fois encore, d'état d'âme.
Pour visualiser la scène : Un bâtiment encerclé de CRS, un devant chaque porte de chambre, pressant les résidents, pas que verbalement, de sortir dehors. « On aurait dit la guerre ! » nous explique un des expulsés. Une dizaine de résidents, sans doute sans-papiers ont été arrêtés et sont probablement au commissariat de Saint Denis. « Ils ne nous ont même pas laissé expliquer aux anciens, qui ne parlent pas français, ce qui se passe. Ils leur parlaient et ne nous laisser pas traduire ! ». Ils n'ont quasiment rien pu récupérer de leurs affaires personnelles et les photos leur étaient interdites.
Une fois mis à la rue, avec l'aide des maîtres chiens, un barrage de robocops interdisait l'entrée, même aux plus anciens et aux malades. D'ailleurs, certains résidents sont en ce moment à l'hôpital, comment vont-ils faire ? « Vos affaires seront dans un box à Stains, » selon la flic, puis on voit arriver un énorme camion-benne qui passe le barrage des flics vers le foyer...
L'AFTAM a quand même pris soin de ramasser les loyers la veille, bien que les quittances ne soient plus délivrées depuis quelques mois. Mais aucun courrier n'a été envoyé pour les prévenir de cette matinée.
« C'est catastrophique, on se croirait le 17 octobre 1961, » dixit un résident écoeuré.
Rappelons quand même que les résidents de ce foyer-taudis sont là depuis des années (45 ans pour certains) et qu'ils ont travaillé dans les métiers les plus difficiles (bâtiment, nettoiement, etc.). Voir Les habitants du foyer taudis AFTAM d'Epinay en lutte ! pour plus d'infos.
Suite au rassemblement de ce soir 18 h devant la mairie de St-Denis, les soutiens et les résidents du foyer-taudis Aftam Epinay ont demandé à un maire-adjoint présent, David PROULT, une solution d'hébergement, au moins pour cette nuit, des 14 résidents maghrébins expulsés ce matin.
D. PROULT nous a tout d'abord répondu qu'il n'avait "aucune solution technique" à proposer. Pourtant nous sommes en période scolaire, des gymnases, salles de sports doivent être disponibles, comme par exemple à Montreuil, où la Maire a fourni un gymnase pour héberger des expulsés vivant sous des tentes. Selon le maire-adjoint, à St-Denis, aucun équipement de ce genre n'est soi-disant disponible !!
Ensuite des expulsés maghrébins ont alors proposé de téléphoner à l'Aftam pour leur demander de pouvoir dormir ce soir, dans la salle de prières du foyer. Le maire-adjoint a bien voulu appeler le Directeur général de l'Aftam, M. OUDOT qui a accepté, avec comme condition que l'imam soit d'accord. Après discussion, il a été convenu que ce serait plutôt dans la salle de réunion.
Demain matin, vendredi 28 octobre, à 11 h, les expulsés maghrébins et des soutiens vont demander à discuter avec M. OUDOT au siège de l'Aftam 16, cour St-Eloi M° Ledru Rollin, sur des propositions de relogement. La négociation risque d'être d'autant plus difficile que parmi les 14 expulsés, 10 sont sans-papiers.
— Collectif Pour l'Avenir des Foyers copaf@copaf.ouvaton.org 8 rue Gustave Rouanet 75018 Paris 06 87 61 29 77
APPEL REUNION D'ORGANISATION ET SOLIDARITE
Samedi 29 octobre, 14h, Foyer Epinay-République 162, rue de la République, 93800 Epinay (bus 361 ou 356 à partir de Saint Denis Universités, arrêts Blumenthal-République ou Cité Blumenthal)
Suite à l'expulsion tôt le matin de l'ensemble des habitants d'un des bâtiments du foyer préfabriqués 162 av de la République à Epinay, plusieurs mobilisations ont eu lieu.
L'Aftam a spontanément relogé un nombre très limité de résidents qui ont leurs noms sur la liste « officiels » qui datent d'au moins cinq ans. De nombreux résidents dits « officiels » sont de fait au pays et rien ne garantit qu'à leur retour ils seront relogés. Le reste y compris des personnes en grande maladie ou en grande détresse psychologique, ont été jetés à la rue.
Un rassemblement le soir devant la Mairie de Saint Denis accompagné par l'interpellation forte d'un élu a permis de faire lever la garde des vigiles devant les portes du foyer d'être levée. 17 personnes expulsées sans autre solution ont pu ainsi être hébergé pour la nuit dans l'enceinte du bâtiment qui reste.
Une délégation aux portes de l'Aftam a produit la promesse de la société gestionnaire d'examiner avec bienveillance toute demande de logement adressé par un surnuméraire ou remplaçant en situation régulière.
Mais de grands problèmes persistent et il y a du travail à faire.
Nous ne sommes pas sûrs que toutes les personnes expulsées ont été repérées. Des dossiers doivent être constitués ce weekend pour toutes les personnes qui peuvent demander un logement dans un foyer Aftam. Aucune solution n'est proposée pour la dizaine de sans papiers, dont une partie a été arrêté et emmené en garde à vue avant d'être libéré dans l'après-midi du 27. La situation dans le foyer laisse penser que l'hébergement proposé pour la première nuit aux expulsés ne pourra pas être renouvelé très longtemps.
Pour le bâtiment dit « des africains », quelques rafistolages de la chaudière laisse penser que les habitants devront encore durer un hiver dans ce taudis, encore que l'Aftam reste extrêmement flou sur ses intentions.
Il faut qu'on se retrouve tous demain après-midi au foyer pour répartir le tâches, travailler pour l'unité des résidents et pour la mobilisation collective.
Relogement de tous les expulsés du foyer !
Régularisation des sans papiers !
Relogement dans la dignité et en groupe des résidents restants !
Non aux expulsions !
Comité de résidents du foyer Epinay République, Collectif de soutien
au foyer de Epinay République, Coordination des foyers Aftam,
organismes de soutien
— Collectif Pour l'Avenir des Foyers
copaf@copaf.ouvaton.org
8 rue Gustave Rouanet 75018 Paris
06 87 61 29 77
La Voix des Sans-Papiers n°6
Bulletin du mouvement et des collectifs de lutte autonomes
NUMÉRO 6 • SPÉCIAL MALI • Mercredi 26 Octobre 2011
SOMMAIRE
page 2-3 : SANS-PAPIERS DE DIALAFARA : L'or, c'est la misère de nos terres
page 3 : Populations sinistrées par l'État
page 4-5 : CAMILLE DE VITRY : « L'or nègre » : deux chapitres inédits
page 6-7 : ARACF : L'uranium de Faléa
page 8 : SISSOKO, COORDINATEUR CSP75 : L'orpaillage ? un leurre ; misons sur l'agriculture
Sommaire L'OR DE KÉNIÉBAC'est à l'extrême Ouest, tout près de la frontière avec le Sénégal, dans le cercle [département] de Kéniéba (région de Kayes) et, un peu plus au Nord, à Sadiola (cercle de Kayes), que se trouvent les plus importantes mines d'or en exploitation ; c'est, au propre et au figuré, dans ce Far West que se passe, depuis une vingtaine d'années, la ruée industrielle et financière occidentale vers l'or du Mali.
C'est le pays des premiers contreforts septentrionaux du massif du Fouta-Djalon (Guinée), là où la savane boisée fait place à un autre habitat naturel, la forêt-galerie ; grosso modo, le bassin de la rive droite de la Falémé (affluent du fleuve Sénégal) et la falaise de Tambaoura, longue, du nord au sud, de quelques centaines de kilomètres. Territoire riche s'il en est en flore et faune sauvage, en terres fertiles et paysages pittoresques, avant qu'en or ; riche en villages malinké héritiers d'une histoire séculaire non écrite, ayant conservé un corps social collectif solidaire (la propriété privée de la terre y est pratiquement inconnue).
C'est le « royaume du Bambouk » [le Sud, en bambara], l'ancien et mythique « pays de l'or » qui, objet des convoitises des puissances de jadis, avait fait, par le commerce transsaharien, la fabuleuse richesse des anciens et légendaires « empires » soudanais du Ghana et du Mali, avant la découverte de l'Amérique et la traite négrière transatlantique, puis la colonisation. C'est encore l'éternelle malédiction de l'or qui se renouvelle, aujourd'hui, pour les habitants, atteignant soudainement une recrudescence sans exemple : les méthodes artisanales d'exploitation remplacées par l'exploitation capitaliste effrénée ; la quantité de la production multipliée par cent, par mille, seule mesure de la qualité de la vie ; le développement économique des statisticiens (le Mali est officiellement au troisième rang des producteurs d'or africains) qui s'accompagne de la régression sociale, de l'appauvrissement généralisé. C'est, par surcroît, la malédiction nouvelle de l'uranium qui s'ajoute, qui s'est déjà ajoutée, à celle de l'or, dans l'extrême Sud du cercle, à Faléa, vaste enclave aux frontières du Sénégal et de la Guinée.
C'est pourquoi l'ARKF (association des ressortissants de Kéniéba en France), l'ARACF (association des ressortissants et amis de la commune de Faléa), avec le concours de l'association DIEL (droits ici et là-bas), organisent, les 22-24 novembre, et appellent les habitants au FORUM PARTICIPATIF DE SITAKILY, au coeur de la région minière : pour dénoncer le scandale des conditions de vie faites aux populations (dont une majorité d'enfants), pour les engager à la réappropriation de leurs vies et de leurs terres.
C'est aussi pourquoi des anciens sans-papiers maliens établis en France seront à Sitakily. Ils y seront au nom des collectifs de sans-papiers parisiens (CSP75), où les Maliens sont en majorité : pour rappeler que l'or de Kéniéba, l'or du Mali, ce n'est pas tant l'or du sous-sol que l'or des bras des migrants qui font vivre ces populations ; que l'or des structures solidaires qu'elles ont su conserver. Pour rappeler que leur pays est un pays d'anciennes coutumes et sagesses, gage d'avenir, que leur peuple est un peuple indompté, fier de sa culture et de son histoire.
La résistance passive est forte dans les régions minières. La rage et la révolte y couvent, les émeutes de Loulo en 2009, comme celles de Kédougou de l'autre côté de la frontière, le montrent – émeutes pareillement, sauvagement réprimées par les deux États.
Pour aider à la transformation de cette résistance passive et de ces révoltes sporadiques en une impulsion active et suivie, afin que les populations prennent leur destin en main, c'est dans ce but que la CSP75 sera présente au Forum de Sitakily.
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