Emission "Sans Toit Ni Loi" du mercredi 13 août 2008, Radio Libertaire.
Zoubida, une femme française
Du côté des sans-papiers (8/8). Née en Algérie, Zoubida vit en France depuis huit ans. Sans-papiers, cette femme de ménage remplit pourtant les critères de régularisation en vigueur.
Stéphanie Platat
QUOTIDIEN : lundi 11 août 2008
On a dit que travailler dans un «secteur en tension» niveau emploi était une condition favorable à l’obtention de papiers. On a dit aussi que savoir parler et écrire le français était obligatoire. Aimer le pays l’avoir dans la peau itou. Des atouts qui ne font finalement pas tout.
Immigration. Elles font le ménage, sont nounous, mais Hortefeux privilégie la filière du regroupement familial.
Elles auront dû attendre une semaine pour connaître la réponse de Brice Hortefeux : en signant jeudi un «plan de mobilisation» avec Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat chargé de l’Emploi, et Laurent Hénart, président de l’Agence nationale des services à la personne, le ministre de l’Immigration a opposé une fin de non-recevoir aux revendications des travailleuses sans papiers. Il jouera donc la carte des «primo-arrivants» - comprenez immigrants légaux, arrivés généralement dans le cadre du regroupement familial - contre les «déjà arrivées».
Le ministre de l’Immigration Brice Hortefeux a signé hier avec Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat en charge de l’Emploi, et Laurent Henart, président de l’Agence nationale des services à la personne, un «plan de mobilisation» visant à faciliter l’accès de 10 000 immigrants légaux par an à des emplois dans un secteur en manque de personnel. Ces candidats - majoritairement des femmes venues en France dans le cadre du regroupement familial - bénéficieront notamment de cours de français et d’une formation professionnelle.
Employées au black pour la plupart, les femmes sans-papiers demandent leur régularisation. Reportage aux côtés du 9e Collectif, le jour d'une opération coup de poing, sous haute surveillance des RG. Les inrockuptibles 653 (3-9 juin 2008)
Les femmes sans papiers manifestaient, hier, pour exiger la reconnaissance de leurs droits. Explications de Bahija Benkouka, porte-parole du 9e collectif.
Pourquoi avoir choisi le secrétariat d’État à la Solidarité et non le ministère du Travail ou celui de l’Immigration ?
Bahija Benkouka. Mardi dernier, nous avions interpellé la secrétaire d’État, parce qu’elle est sous la tutelle du ministère du Travail et parce que Valérie Létard a manifesté la volonté de prendre en compte les enjeux de l’aide à domicile. Il y a, dans ce secteur, des milliers de femmes qui travaillent dans des conditions scandaleuses et le sort de ces femmes a été complètement passé sous silence.
Les femmes sans-papiers du 9ème collectif ont tenté d'occuper l'Agence Nationale des Services à la Personne, ce jeudi 29 mai. Elles étaient une centaine à sortir de l'ombre pour revendiquer leur droit de travailler et de vivre dignement en exigeant leur régularisation.
Ce sont elles qui vont chercher les enfants à la sortie de l'école, leur préparent leur dîner lorsque les parents rentrent tard. Ce sont elles qui repassent, dépoussièrent, rangent... Elles aussi qui prennent soin, divertissent, sortent les parents et grands-parents âgés, font leurs courses lorsqu'ils ne peuvent plus se déplacer. Dans une société où la plupart des femmes sont actives, où la population vieillit et où les structures d'accueil font défaut, elles sont le maillon indispensable à l'équilibre des familles. Mais le maillon invisible parce que clandestin.